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Funérailles de la militante Sonia Pierre, annoncées pour le 7 décembre 2011

Funérailles de la militante Sonia Pierre, annoncées pour [...]
© AfricAmerica.org/photo R. Espinoza

C'est ce mercredi 7 décembre 2011 que seront chantées, à Villa Altagracia, au nord de Santo Domingo, les funérailles de la militante dominicaine de droits humains, d'ascendance haïtienne, Sonia Pierre, décédée d'une crise cardiaque le dimanche 4 décembre, suivant les informations communiquées à l'agence en ligne AlterPresse.
Ainsi ont décidé, de concert avec la famille de Sonia, plusieurs organismes de promotion de droits humains, y compris de défense de droits des migrantes et migrants, au cours d'une réunion tenue en ce jour de la disparition subite de Sonia.

Auparavant, deux journées d'exposition de la dépouille de la défunte auront lieu, les lundi 5 et mardi 6 décembre 2011, dans un salon funéraire, situé à l'angle de la avenida Bolivar et de la calle Delgado, au centre de la capitale dominicaine.
En souvenir de Sonia, des hommages sont attendus dans l'après-midi du mardi 6 décembre 2011, toujours à la même adresse du salon funéraire, à l'angle de la avenida Bolivar et de la calle Delgado à Santo Domingo.

Après avoir ressenti un malaise, au cours duquel elle est tombée, Sonia a été transportée d'urgence, dimanche matin 4 décembre 2011, à l'hôpital "Seguro social nuestra senora de la Altagracia". Elle y a succombé d'un infarctus quelques heures plus tard, soit aux environs de 10:00 locales (15:00 gmt).

Ces dernières semaines, Sonia, fondatrice du mouvement de femmes dominico-haïtiennes (en espagnol movimiento de mujeres dominico-haitianas / Mudha) était durement éprouvée par une campagne drastique, voire un antihaïtianisme exacerbé, d'ultranationalistes dominicains qui menaçaient de mort la militante de droits humains et sa famille jusqu'à aboutir à une décision récente de la cour suprême dominicaine refusant la nationalité dominicaine aux descendants d'Haïtiens, considérés comme "étant en transit" sur le territoire voisin d'Haïti..
Sonia, qui était de santé fragile, avait subi deux interventions chirurgicales au cœur qui l'ont entraînée à porter un stimulateur cardiaque ou "pacemaker" (dispositif implanté dans son organisme pour délivrer des impulsions électriques à son cœur).

Née en 1963, dans un batey [nom donné au campement où vivent les coupeurs de canne] d'une ancienne usine sucrière appelée Catarey (Nord de la République Dominicaine), d'une mère haïtienne - qui est en arrivée en 1951 sur le territoire voisin -, la militante a consacré toute sa vie à défendre la cause des descendantes et descendants d'Haïtiens, à qui l'administration politique nie encore le droit à la nationalité dominicaine.
Sonia a commencé très tôt, à l'âge de 13 ans (en 1976), à s'intéresser à la cause des migrantes et migrants en organisant une manifestation de cinq jours avec les travailleurs de la canne à sucre dans un des bateyes.

En présence de Sonia, l'organisation Mudha a remis des diplômes de formation, le 19 août 2011 à Léogane (à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale haïtienne Port-au-Prince), à plus d'une centaine de femmes haïtiennes (déplacées après le tremblement de terre du 12 janvier 2010), qui venaient d'être rompues (pendant plusieurs mois, sous les auspices de Mudha) à des cours techniques d'élaboration de produits cosmétiques et de nettoyage domestique, de décoration intérieure et de préparation de bougies aromatiques.

AlterPresse renouvelle ses sympathies à la famille de Sonia, à ses 4 enfants, à toute l'équipe de Mudha, à la communauté des organismes de défense de droits humains, spécialement de droits des migrantes et migrants.

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